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Comme un air de Buenos Aires

  • Publié le 20/01/2009 à 14:08
  • Par Marie Christine MALSOUTE


[caption id="attachment_294" align="alignleft" width="450" caption="Les Argentins au lycée Cabanis"]Les Argentins au lycée Cabanis[/caption]

Ils sont jeunes, ils sont Argentins et ont passé une semaine en immersion dans des familles brivistes, partageant la vie et les cours de leurs correspondants. Rencontres autour de la langue de Molière.

« Chez vous, il fait très froid. » Frigorifiés, les dix Argentins, se réconfortent en pensant à leur patrie. Là-bas, dans l’autre hémisphère, c’est l’été et les grandes vacances, à la veille de rentrer en terminale (le 26 février).

Les jeunes argentins en ont profité pour venir un mois en France et découvrir ce pays dont ils ont choisi d’apprendre la langue et la culture. Après Paris (incontournable), ils ont vécu à Brive tout une semaine, au sein des familles d’accueil de leurs correspondants, élèves aux lycées Cabanis et d’Arsonval. « La meilleure façon d’apprendre »

[caption id="attachment_205" align="alignright" width="200" caption="Un rayon de soleil dans l'hiver briviste"]Un rayon de soleil dans l'hiver briviste[/caption]

Aucun problème pour se faire comprendre car ils et elles parlent merveilleusement bien le français, avec juste encore une pointe d’accent langoureux pour les moins doués d’entre eux. « Nous avons commencé à apprendre le français en maternelle, au lycée franco-argentin d’Acassuso et jusqu’en classe de troisième, tous nos cours étaient dispensés en français », explique Pilar qui comme beaucoup d’entre eux compte dans son arbre généalogique un arrière parent européen. « Aujourd’hui, nous n’avons plus que cinq heures de français par semaine. »

 


« Vivre à la française », un objectif qu’ils ont su apprécier à sa juste mesure, oubliant vite une appréhension naturelle devant « le très bon accueil dans les familles ». Reste que les unes et les autres ont dû se plier à une heure moins « espagnole ». « Vous mangez très tôt le soir et vous ne profitez pas assez de la vie », constate l’un d’eux.


« Chez nous, les rapports humains sont plus chaleureux, moins distants et moins formels. En classe, par exemple, on tutoie nos profs. Et chez nous, les jeunes ont plus de liberté à partir de 14 ans. » Des commentaires qui ont certainement du pimenter les discours au sein des familles. Evitez toutefois de leur parler tango. Poliment, ils vous diront qu’ils trouvent cela trop « cliché », pour ne pas dire « folklore ». Et après tout, nous mêmes, Français, ne sommes-nous pas vite ulcérés de voir notre image nationale réduite au béret et à la baguette.


 





[caption id="attachment_206" align="alignleft" width="300" caption="Rencontre avec les hispanistes du collège Jean Moulin"]Rencontre avec les hispanistes du collège Jean Moulin[/caption]

« Ils sont meilleurs que nous et ça nous a motivé. Avec eux, on travaille plus vite », assure Pierre-André en 1ère S au lycée Cabanis et l’un des correspondants. Sa classe accueillait Pilar, Karina et Alan, trois des dix Argentins.

« Leur présence a effectivement créé une émulation », confirme Nathalie Marchou, professeur de français, encore étonnée par leur niveau de culture générale : « Ils connaissent parfaitement les œuvres classiques. Pilar, par exemple, a discouru avec justesse sur L’illusion comique de Corneille. Vous avez été un rayon de soleil dans notre hiver », s’accorde-t-elle à dire avec Luce Rispoli, professeur d’espagnol qui organise cet accueil depuis déjà trois ans consécutifs.

Certains Argentins envisagent déjà de revenir « mais pendant l’été, chez vous ». Des correspondants eux ont déjà promis de leur rendre visite rapidement à Buenos Aires. Des liens qui ouvrent peut-être la voix à un jumelage scolaire ?

Texte M.C.M. Photos S.M.