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Coopération hôpital-Saint-Germain: les raisons d’un soutien

  • Publié le 16/12/2009 à 16:13
  • Par Michel DUBREUIL
Le docteur Fleurant lors de la conférence de presseLes médecins hospitaliers, les représentants des personnels (FO,CFDT,CFTC) et le représentant des usagers (CISS Limousin) ont tenu hier soir à expliquer pourquoi ils étaient favorables au projet de rapprochement entre l'hôpital de Brive et la clinique Saint-Germain. 

"Le rapprochement entre l'hôpital de Brive et la clinique Saint-Germain est un sujet qui a été largement débattu depuis un an. Des votes ont été clairement favorables (80% pour et 20% contre au conseil d'administration de l'hôpital). Nous avons acquis la conviction que ce projet est intéressant pour la pérennité de la chirurgie à l'hôpital et permettra le développement d'un pôle de santé médico-chirurgical complet accessible à tous les usagers."

Avec onze autres de ses collègues hospitaliers, le docteur Eric Fleurant, responsable du service de cardiologie, a pris la parole pour présenter les arguments qui fondent une telle décision.

Le docteur Remize, responsable des urgencesPremier constat, la chirurgie programmée est aujourd'hui assurée à 80% par le secteur privé. "Nous pensons que dans le contexte fortement restructurant centré sur la mise en place des seuils d'activité en cancérologie, la chirurgie hospitalière de Brive est aujourd'hui menacée avec un risque important de voir certaines spécialités (urologie, viscéral, gynécologie) en monopole libéral sur le bassin briviste.

Une situation qui deviendrait ainsi "incompatible avec l'accessibilité aux soins, les missions de service public" et qui aurait également des conséquences sur l'emploi avec la perte de 100 à 200 postes. Un argument conforté par Brigitte Jacq, représentante FO du personnel: "Il ne faut pas penser que nous serions épargnés à Brive par les plans sociaux".

Brigitte Jacq, représentante FO du personnel hospitalierPour le docteur Fleurant, "la création d'un Groupement de coopération sanitaire de droit public entre les deux établissements garantira le maintien d'une offre chirurgicale double, publique et privée, l'accessibilité en toutes circonstances, les missions de service public et le respect des statuts du personnel".

Les médecins hospitaliers ont tous insisté sur le fait que cette coopération ne bouleverserait en rien le libre choix du patient. "Tout se passera comme aujourd'hui où déjà le malade qui arrive aux Urgences, indique s'il veut être suivi dans le privé ou non", souligne le docteur Pascal Chevallier. Un constat fait également par le docteur Desfarges. "Nous avons déjà convenu pour la maternité d'une garde commune 24h sur 24 réalisée par les obstétriciens publics et privés  et chaque patiente sera orientée sur le secteur de son choix." Pour le médecin gynécologue, ce Groupement de coopération sanitaire permettra de mettre en place un pôle représentant 2.000 accouchements et d'améliorer fortement les conditions de sécurité et d'attractivité. Même analyse du côté du docteur Leduc, responsable du pôle cancérologie: "Nous pourrons organiser des projets thérapeutiques plus importants, diminuer les délais de prise en charge et améliorer leur qualité".

Marcel Graziani, représentant les usagers.Enfin, le représentant des usagers, Marcel Graziani a plaidé également pour ce rapprochement, soulignant que "le malade était au coeur du sujet" et qu'il était important "de maintenir une offre de soins à tarifs opposables". "Les usagers sont aussi les financeurs et l'on se dirige vers une mutualisation de plus en plus importante des équipements", a-t-il conclu.