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Luthiers, cordes et âme

  • Publié le 22/01/2010 à 10:55
  • Par Jennifer BRESSAN
Yann Schoener en pleine démonstration.Yann Schoener et Clotilde Dornier, deux jeunes luthiers, ouvrent grand les portes de leur univers où technique, art et passion s'accordent avec bonheur et beaucoup de travail. "Les violons naissent dans les arbres" est une exposition à découvrir au centre Jacques Cartier jusqu'au vendredi 5 février. Le centre socio-culturel accueille depuis lundi une exposition autour du métier de luthiers. Divers outils et matériaux sont présentés en vitrine et une dizaine de panneaux, réalisés par Yann et Clotilde, sont apposés au mur. Ils permettent de découvrir les différentes phases de fabrication des instruments à cordes pincées ou frottées: de la création du moule à la sculpture de la tête en passant par l'assemblage des différents morceaux de l'instrument.



Le passage du vernis termine la création qui n'est, aux yeux du luthier, jamais tout à fait satisfaisante : "Nous sommes d'inlassables perfectionnistes et comme nous ne sommes jamais comblés, nous sommes toujours un peu malheureux", plaisante Yann. Les deux luthiers proposent aussi, sur rendez-vous, des animations pendant lesquelles ils présentent et manient les outils spécifiques à leur métier: gouge, rabots noisettes, ciseaux à bois... Ils livrent les secrets de fabrication du vernis: de l'alcool et de la résine, ou du béjoin pour la brillance et la senteur, du curcuma pour la couleur.

L'animation de jeudi matin a pris une autre dimension avec la présence d'un groupe de l'INFA, Institut national de formation et d'application. Parcourue par de jeunes gens originaires du Maroc et de la Turquie récemment arrivés en France, cette exposition leur ouvre les portes d'un univers culturel et artistique. De plus, la présentation des luthiers leur permet de se confronter à l'écoute de la langue française, qu'ils ne maîtrisent pas encore tout à fait, et d'élargir leur vocabulaire.

Yann et Clotilde, à travers les animations qu'ils proposent, souhaitent faire évoluer l'image du luthier: "Dans l'imaginaire collectif, c'est un vieillard barbu " exilé dans les ères lointaines de sa passion. Or, eux sont jeunes et ont à cœur de partager leur savoir-faire. "C'est une profession qui séduit L'ouïe.de plus en plus. Les formations sont très rigoureuses et la concurrence est rude", reconnaît le jeune homme. Yann et Clotilde ont fait leurs armes à l'école de Crémone en Italie, un lieu qui fait référence dans le métier. "Chaque école a ses spécificités, ses secrets", précise Clotilde. Les techniques à acquérir sont rigoureuses et précises, pour autant, les luthiers conservent un espace de liberté grâce au choix du modèle (français ou italien), du bois et du vernis. Une fois ce dernier passé, les cordes posées et les accords faits, le travail du luthier est terminé; c'est alors celui du musicien qui commence. Et c'est là une toute autre histoire.

Du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 13h30 à 19h (vendredi : 18h30). Entrée libre. Une exposition à découvrir jusqu'au vendredi 5 février. Animations et rencontre avec les luthiers sur rendez-vous. Infos au centre socioculturel Jacques Cartier, 05.55.86.34.60.