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La grotte Bouyssonie continue de livrer ses secrets

  • Publié le 07/07/2011 à 14:05
  • Par Jennifer BRESSAN
chantier de fouille à la grotte Bouyssonie

"C'est un chantier de fouille qui aura réservé chaque année de belles surprises", confie Damien Pesesse, docteur en archéologie et responsable des fouilles des grottes de Bouyssonie, site préhistorique majeur situé à l'ouest de Brive. C'est cet été la 4e et dernière campagne de fouille pour lui et une fois n'est pas coutume, le chantier rouvert au début du mois, a déjà réservé de bien belles découvertes.

les silexHier, l'effervescence était de mise sur le chantier de fouille de la grotte Bouyssonie où Damien Pesesse, responsable des fouilles et son équipe d'étudiants en archéologie sont à pied d'œuvre depuis le début du mois de juillet. L'objet de toutes leurs attentions: de longs éclats taillés tout juste mis à jour. "Ce qui rend cette découverte extraordinaire est leur taille et le fait qu'ils aient été retrouvés en un ensemble cohérent", s'enthousiasme Damien Pesesse. " En élargissant nos recherches, nous essaierons de savoir si ces silex ont été débités ici, alors on pourrait reconstituer le bloc d'origine, ou s'ils ont été amenés. Cela va nous renseigner sur les déplacements des hommes préhistoriques et sur leur économie."

fouilles le groupe"Les hommes préhistoriques connaissent leur territoire et ses ressources et anticipent leurs déplacements", poursuit le chercheur. Pour preuve, la région où est implantée la grotte est pauvre en silex. Les hommes le savaient et il est intéressant de regarder comment ils géraient cette absence. En Dordogne, il y en a beaucoup alors soit ils les apportaient ici soit ils transportaient le bloc entier et le taillaient sur les différentes étapes de leur parcours. C'est la preuve d'une gestion raisonnée et anticipée", explique Damien Pesesse.

Il est pleinement satisfait des campagnes de fouille: "Nous achèverons notre programme à la fin juillet. Il s'est déroulé sur trois ans et visait à repérer comment se raccordaient les différentes périodes d'occupation. Nous voulions comprendre la stratigraphie générale du site et l'extension de ses niveaux", récapitule-t-il. Désormais, on commence à distinguer tout l'intérêt du site, sa complexité."

Damien Pesesse est d'autant plus serein que leur travail a été facilité d'années en années par des aménagements réalisés sur le site par la Ville: l'accès du chemin menant au site a été facilité, la clôture de la parcelle réalisée et l'aménagement d'une petite maison sur le côté du chantier, comprenant un espace déjeuner, un sanitaire et un laboratoire, bien initié. La grande réalisation a surtout été la structure autoportée installée au-dessus du chantier et achevée au début de l'été 2010. Elle permet de protéger le site des intempéries et aux chercheurs de poursuivre leur fouille même par temps de pluie. "Très peu de chantier de fouilles en France peuvent se prévaloir de tels efforts", reconnaît Damien Pesesse. C'est rarissime. La Ville de Brive s'est particulièrement impliquée dans la protection du site et elle nous a vraiment donné les moyens de bien travailler."

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