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Nicolas Bedos, le talent d’un sale gosse

  • Publié le 06/11/2011 à 13:56
  • Par Patrick MENEYROL
Rencontre Nicolas Bedos

Tête à claques, fils à papa, pourfendeur de talent, amoureux génial de la rhétorique, une chose est sure, Nicolas Bedos ne laisse pas indifférent. Hier soir dans la petite salle du théâtre, le mythomane a fait le show.

Rencontre Nicolas BedosPlus une chaise de libre. La petite salle du théâtre a fait le plein hier soir. 120 personnes. Le mythomane du PAF attire les foules.

"Qu'est ce que je me fais chier à Brive !". Nicolas Bedos commence fort. Pas de dentelle avec lui. Visiblement Bedos, qui vient de passer l'après-midi à dédicacer "journal d'un mythomane" qui regroupe ses chroniques faites sur Oui FM, à "Semaine critique" sur France 2 et d'autres inédites, semble avoir besoin de se lâcher un peu. Besoin d'air, de délire. C'est long les signatures et "autant je vous aime quand vous êtes plein devant moi comme ça, autant je ne vous aime pas un par un" lance-t-il à l'assistance.

Rencontre Nicolas Bedos2Tout le monde en prend pour son grade, les visiteurs, les éditeurs, les écrivains, la journaliste chargée de mener l'échange. Même François Hollande se fait allumer "sympa avec tout de même un physique pas facile, plus que sa compagne en tout cas qui à l'air périmé". On est pas dans l'humour à fleuret moucheté. Bedos tire à vue, sabre, flingue. Personne ne trouve grâce à ses yeux.

Sans faire de psychologie de bazar, il serait intéressant de savoir ce qui le pousse à être ainsi. Une paternité compliquée à digérer peut-être ? Retour en famille.

Une famille où malgré le talent d'humoriste et la réussite de Guy, le seul vrai métier qui "a de la gueule", c'est écrivain. Alors le petit Nicolas va se mettre à écrire, jeune, dès 12/13 ans, pour épater ses parents et surtout son père. Rencontre Nicolas BedosDes poèmes, des pièces de théatre, "de la daube" dit-il aujourd'hui. Exister auprès d'un père en pleine gloire, mais aussi plus sournoisement comme il le reconnait, "pour masquer mes mauvaises notes à l'école". "Quand je leur lisais mes poèmes, mon 5 en math ou mon 7 en histoire avaient tendance à mieux passer." Et puis tout cela va devenir beaucoup moins frivole. Nicolas Bedos, sérieux cette fois-ci, reconnait sa dépendance à l'écriture, "c'est un besoin viscéral". Tout comme la lecture. Maupassant, Miller, Fitzgerald, Hemingway furent ses compagnons.

Pièces, chroniques, finalement le fils se fait un prénom.

"Petit à petit, je me suis aperçu que je pouvais intéresser". Ce sont donc les débuts sur Oui FM où il passe faire une chronique le week-end "pour retrouver des potes qui animent une émission". Le mythomane et son entreprise de démolition verbale attirent l'oreille d'autres professionnels, et le voilà propulsé sur France 2 dans "Semaine critique" animée par Franz Olivier Giesbert. Chaque semaine le mythomane se délecte en se payant les invités de l'émission, finissant toujours son intervention par cette phrase: "Pour moi ce fut une semaine de merde, alors imaginez ce que je pense de la vôtre".Rencontre Nicolas Bedos

L'épisode télé s'est achevé. Aujourd'hui c'est dans Marianne que Nicolas Bedos étrille son monde. "Une écriture différente. Maintenant je suis obsédé par la construction de mon écriture pour que le lecteur en est une bonne idée, c'est différent des chroniques où par la voix, le ton, on met en avant une chose plutôt qu'une autre".

Des regrets ? Nicolas Bedos n'en a pas, ou alors un seul dit il en souriant. "Marc Lévy que j'ai souvent descendu et dont en fait je n'ai jamais lu une ligne, et c'est pas bien". Mais là aussi, est ce sérieux ou pas ? On ne sait jamais.

Ce qui est sur, c'est que sa façon de parler des autres est pour le moins peu appréciée quelquefois. Récemment le producteur de 2 artistes dont il avait dit" tout le bien qu'il pensait d'eux", humour, lui est tombé dessus dans une boîte de nuit. Un bon coup de poing au visage. "Plaintes, procès, et maintenant agression physique, moi je ne suis pas méchant et j'ai horreur de la violence !". Sourire !!!

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