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L’Hôpital entre défi(cit) financier et service public

  • Publié le 10/01/2012 à 15:07
  • Par Marie Christine MALSOUTE
Le député maire Philippe Nauche lors des vœux du centre hospitalier de Brive"Malgré l'augmentation de l'activité, les recettes ne sont pas au rendez-vous", a dénoncé le député-maire Philippe Nauche lors des vœux de l'établissement briviste. Il est question d'un déficit de quelque 850.000 euros pour 2011 si l'Etat ne verse pas rapidement les crédits gelés. "Finalement, on demande aux hôpitaux de travailler plus pour gagner moins", a souligné le président du conseil de surveillance en ciblant la machine infernale de la tarification T2A et en réclamant une meilleure valorisation du service public et de l'aspect humain.



"Aujourd'hui, on a les yeux en permanence rivés sur la productivité". Pour l'ancien responsable des urgences, le constat est révélateur: "C'est un vrai problème de considération de l'hôpital public", assure le député-maire, parlant même d'une "perte de sens de l'action de service public".

Le docteur Jean-Marie Loustau, président de la CMEDans son discours introductif, le directeur Vincent Delivet s'interrogeait quant à lui sur les crédits pourtant affectés à des missions d'intérêt général et qui avaient été gelés par l'Etat. "Le ministre a récemment indiqué le dégel de ces crédits qui nous permettent de faire face à un certains nombres de charges qui ne sont pas couvertes par les tarifs des séjours", a précisé le responsable. Pour le docteur Loustau, président de la CME (Commission médicale d'établissement), ce plan de rigueur contraint à "un exercice délicat entre des recettes liées pour l'essentiel à l'activité médicale et à des dépenses difficilement compressibles, sans nuire à l'équilibre technique et humain de nos services et à la sécurité des patients". Une notion de "juste soin au juste coût" et "dans lequel l'obsession de l'équilibre financier n'amputera pas la qualité et la sécurité des soins ni la capacité de développement ni la motivation de nos équipes professionnelles".

Le représentant départemental de l'ARS, Cesar Sanchez"Le retour à l'équilibre est en bonne voie", a répondu César Sanchez, représentant départemental de l'ARS (Agence régionale de santé). "Je n'ai pas 800.000 euros dans ma poche", a-t-il plaisanté, sans polémiquer sur la logique de la T2A, préférant valoriser la démarche de l'établissement. "L'hôpital de Brive est un hôpital vivant qui s'interroge sur sa pratique et sa réorganisation de 1001 façons." Ne manquant pas non plus de souligner le rayonnement l'hôpital de Brive qui détient "2/3 des parts de marché". En appelant aussi les établissements à fédérer leur démarche dans un "contrat local de santé". Les deux logiques arriveront-elles à s'entendre? Espérons-le!

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