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L’histoire à ciel ouvert

  • Publié le 27/02/2012 à 15:54
  • Par Patrick MENEYROL
Fouilles

Les fouilles entamées la semaine dernière commencent à apporter des informations sur ce qui occupait la place Charles De Gaulle ces derniers siècles. Sous les yeux des badauds, nombreux et intéressés, c'est l'histoire de la ville qui se dévoile.

FouillesLes brivistes passant depuis ce matin sur la place de la collégiale s'arrêtent, s'attardent, questionnent. Devant eux, derrière les barrières métalliques, truelles et pinceaux en main, accroupis au fond d'un trou, les archéologues de l'INRAP de Limoges, creusent, grattent, et ce qu'ils mettent au jour ne peut qu'attirer les regards. Des tibias, des fémurs, des côtes. Des squelettes. Beaucoup de squelettes.

Fouilles

Si le premier sondage n'a permis de découvrir que d'anciennes caves voûtées, toutes effondrées, le second, actuellement en cours, se révèle à la hauteur des espoirs des archéologues. Ils ont effet trouvé ce qui semble être un ancien cimetière, comme il y en avait tant autour des églises dans le temps passé. Un ancien cimetière bien "rempli" puisque les fouilles ont déjà dégagé 3 niveaux de sépultures, et selon Christophe Maniquet, de l'institut d'archéologie préventive de limoges, "il y en a d'autres en dessous"

Fouilles"Nous ne sommes descendus qu'au niveau du 12e siècle à peu près" précise t-il "et donc encore loin du niveau gallo-romain antique". Le 12e, c'est le plus bas. Vient ensuite une période qu'il évalue vers la fin du moyen-âge (15e) et enfin, la plus proche du sol actuel, le 17e ou le 18e, "à moins de 50 centimètres en dessous de nous". Deux types de sépultures ont été découverts. Les plus récentes sont en pleine terre avec une utilisation de cercueil, même si le bois a disparu. La position  des corps et la façon dont ils se sont décomposés est parlante, ainsi que la trouvaille de différents clous. Les sépultures plus anciennes sont des coffres de pierre, sortes de sarcophages, qui remontent au moyen-âge. Difficile d'être plus précis pour le moment au niveau des dates car peu d'objets mobiliers ont été découverts, si ce ne sont quelques fragments de céramique vieux de 1500 ans environ, donc plus anciens que les tombes mises à jour pour le moment.

FouillesAutre intérêt de ce second sondage, l'aqueduc, qui peut dater du 15e siècle. L'extérieur de sa voûte est visible et ce verdanson canalisé qui coule sur un axe nord-sud servait d'égout. D'ici la fin de la semaine, trois nouveaux sondages vont être réalisés. Petit à petit, les archéologues veulent se rapprocher de l'endroit où se trouve le bâtiment religieux de l'ère paléo-chrétienne, datant des 5e et 6e siècle, découvert lors des fouilles de 1986/1987 et visible à l'intérieur de la collégiale. Ils fondent de grands espoirs sur ces sondages pour remonter encore plus loin dans le temps et peut-être arriver aux origines de Brive, ou au moins jusqu'à la période antique.

FouillesPour Christophe Maniquet, cet hyper centre-ville mériterait des fouilles de grande ampleur car "on sait finalement très peu de chose sur la ville au point de vue archéologique". Une décision sera prise à ce sujet entre le service régional d'archéologie et la mairie avant que ne soient entamés les travaux autour de la collégiale. Décision importante pour laquelle il faudra tenir compte des projets d'embellissement du centre-ville, mais aussi de l'intérêt historique des fouilles.

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