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Les imprimeurs clandestins au musée Michelet

  • Publié le 20/03/2012 à 15:34
  • Par Patrick MENEYROL


"Le caractère précieux et si fragile de la liberté d'expression". C'est avec ces mots que Philippe Nauche a souligné la force des clichés de Robert Doisneau qui sont exposés au centre Edmond-Michelet jusqu'au 21 avril. L'exposition évoque ceux qui, durant la guerre, au péril de leur vie, ont fait circuler les idées de liberté et de résistance à l'oppression nazi: les imprimeurs.

RonéoCe sont 48 photos, en noir et blanc bien sur. Elles ont été réalisées par Robert Doisneau, l'un des plus grands photographes français, à la demande de la revue Le Point, au sortir de la guerre, en mars 1945. Ce dernier voulait mettre à l'honneur les imprimeurs clandestins de la résistance, ces acteurs méconnus du combat contre l'occupant nazi. Des hommes et des femmes qui, dans le secret de leurs ateliers, imprimaient tracts, journaux ou même livres, et qui ont ainsi permis de faire circuler les idées de la résistance, et souvent de fédérer des mouvements clandestins.

l'expoA travers le regard du photographe, ces clichés retracent l'histoire de ces ouvriers et ouvrières de la nuit qui mettaient leur vie dans la balance du combat pour la liberté, et qui le payèrent très cher puisqu'on estime qu'au moins 400 d'entre eux furent arrêtés puis assassinés. Un lourd tribu pour pouvoir briser le monopole de la parole imposé par la propagande de Vichy. La leur, celle des résistants, était la parole interdite, éclairante, mobilisatrice, qui, sous la forme de tracts ou de journaux et brochures, fut la première forme de résistance, et ce n'est pas un hasard si cette exposition trouve sa place au 4 rue Champanatier, là même où le 17 juin 1940, Edmond Michelet rédigeait son premier tract appelant les Brivistes à refuser la défaite et le déshonneur.

Le vélo"Imprimeurs clandestins" est présentée en 3 parties. La première est constituée des photos de Doisneau qui retracent l'histoire de 11 imprimeurs parisiens qui mirent leur compétence et leur matériel au service de la liberté. On y découvre les ruses et l'ingéniosité que chacun dût déployer pour imprimer tracts, journaux ou faux-papiers à la barbe de l'occupant. Une seconde partie de 13 photographies, traitée comme un roman-photo, raconte le parcours complet d'un imprimé clandestin, de sa fabrication, avec notamment le vélo qui servait à faire tourner les groupes électrogènes, au piège à rat lanceur de tracts. Enfin, une dernière partie évoque l'histoire des Editions de minuit à travers 2 publications clandestines, Vaincre et Les cahiers de témoignage chrétien.

Exposition jusqu'au 21 avril au centre Edmond-Michelet, 4 rue Champanatier, du lundi au samedi, de 10h à 12h et de 14h à 18h.







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