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Mieux prévenir le suicide

  • Publié le 01/10/2012 à 15:02
  • Par Jennifer BRESSAN


Ce matin, le centre "Ecoute et soutien" et le centre hospitalier de Brive ont signé une convention visant à mieux prévenir le suicide. Une thématique considérée comme un des axes prioritaires en Limousin au vu du diagnostic réalisé par l'Observatoire régional de santé.

Chaque année, près de 10.600 personnes, en moyenne, décèdent par suicide. C'est la deuxième cause de décès chez les 15-24 ans (après les accidents de la route), la première chez les 25-34. 

Un véritable problème de santé publique et peut-être plus particulièrement en Limousin, classé 5e sur le triste tableau des régions les plus touchées. En moyenne, 177 décès par suicide sont recensés chaque année dans la région. En Corrèze, leur nombre est passé de 54 en 2008 à 68 en 2010.

C'est dans ce contexte que le centre Ecoute et soutien et le centre hospitalier de Brive ont décidé de s'unir pour mieux agir. Jusqu'à présent, chacun travaillait de son côté: le centre hospitalier qui a déjà mis en place un programme de prévention de la récidive des tentatives de suicide chez les adolescents et l'association qui œuvre en amont comme en aval de l'hospitalisation (On vous en avait parlé ici).

"L'hôpital entend bien jouer son rôle de santé publique qui s'inscrit pleinement dans les orientations du volet prévention-promotion de la santé du projet régional de santé 2012-2016", a confirmé ce matin le directeur du centre hospitalier Vincent Delivet. "Et porté par l'ambition de proposer aux patients le meilleur parcours possible de prise en charge, on a trouvé nécessaire de ne pas rester isolé. Notre ambition est claire: proposer un vrai suivi de la personne mais aussi prévenir les risques pour diminuer le nombre de suicides et reculer de quelques places dans ce palmarès où il fait bon être dernier."

Pour l'association, "c'est un aboutissement autant qu'un point de départ ", a commenté le président Jean-Marie Coutel. L'aboutissement d'un travail initié de longue date par le fondateur de l'association Yves Gontier et un point de départ grâce à une convention qui n'allait pas de soi. "Il fallait trouver un équilibre entre la confidentialité due au patient et la nécessité du lien induit  par cette nouvelle convention".

 "La Ville de Brive salue ce rapprochement", a déclaré Germaine Blanc, conseillère qui représentait le maire ce matin. "Cette initiative apporte une réponse qualitative, complémentaire et participe à rendre la ville plus solidaire."

Concrètement, que va changer la signature de cette convention? Après une hospitalisation de courte durée, une plaquette sera remise aux patients et surtout, c'est un début, l'hôpital est autorisé à transmettre à l'association les coordonnées de cette personne. "Car elles sont encore trop peu nombreuses à pousser par elles-mêmes les portes de l'association", relate le président. "Or dans ce domaine comme dans bien d'autres, l'isolement est le pire des ennemis." 

"Le suicide est un fléau qu'on sous-estime", a conclu Jean-Marie Coutel. "J'évalue à 50.000 environ le nombre de personnes qui veulent se donner la mort dans la région. Heureusement, tous ne passent pas à l'acte." Reste que l'enjeu est de taille, mais les ambitions fermes et affirmées.