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Penser global avec des solutions locales

  • Publié le 11/11/2012 à 11:03
  • Par Patrick MENEYROL


Thème vaste et intéressant ce matin à l'espace Gazeau: Nourrir la planète. C'est un des sujets qu'Erik Orsenna souhaitait aborder pour cette foire du livre. Autour de lui, un agriculteur bio, un représentant de la Chambre d'agriculture de la Corrèze et un du Conseil général. Une question on ne peut plus d'actualité, et des réponses qui, à priori, viendront de la proximité.

S'en est-il fini du mode de production intensive dans l'agriculture mondiale? Malgré la bonne volonté et l'engagement des uns et des autres, on est en droit de se poser la question au regard de ce qui se passe à travers le monde. Nous mêmes, en France, "depuis les années 70 on est dans l'intensif, avec tous les dégâts que cela implique" rappelle l'académicien. "Il faut sortir de tout cela" insiste t-il, "car sinon, nous nous dirigeons vers la création de quelques sites de productions intensives sur la planète, qui seront destinés à nourrir l'humanité entière". Un modèle très dangereux car très fragile, au-delà du fait qu'il sous-entend une uniformisation des nourritures et des goûts sur l'ensemble du globe.

Alors quelle solution? Tous en conviennent, le salut viendra de la proximité, du circuit court. "Il faut" insiste l'agriculteur bio, "réinventer le lien entre le producteur et le consommateur. Produire local et consommer local". Ainsi, selon lui, il sera beaucoup plus facile de nourrir les êtres humains, avec des produits sains et de qualité, et cela pour un coût qui restera abordable pour tous. "Une solution valable en Corrèze comme partout dans le monde" renchérit Erik Orsenna, car "le local, c'est partout. Le Mali a du local. Le Brésil a du local. Chaque coin du monde peut avoir une production et une consommation locale et donc permettre à chacun de se nourrir". Un avenir intelligent qui n'est pas encore une réalité, loin s'en faut, car chaque intervenant le reconnaît aussi, "il y a des forces qui agissent de manière implacable pour que cela ne se réalise pas". On pense bien entendu aux trusts de l'agro-alimentaire, aux spéculateurs, au dérèglement des marchés, qui sont autant de handicaps qu'il va falloir passer en redécouvrant "une agriculture citoyenne qui n'a comme seul fondement que de nourrir les hommes". Un changement qui, selon les intervenants, est en train de s'opérer en France et en Europe, "doucement, mais durablement".