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La « désorientation » d’Amin Maalouf

  • Publié le 11/11/2012 à 17:26
  • Par Marie Christine MALSOUTE


"Une des choses les plus "désorientantes", les plus fascinantes, est qu'on vient dans ce monde sans le mode d'emploi." Avec son dernier roman Les désorientés, Amin Maalouf aborde la question des dilemmes. Quand les histoires personnelles se heurtent à celles des peuples.



Amin Maalouf est d'origine franco-libanaise. A travers une histoire simple, il explore le drame du retour sur sa terre natale. Le cœur brisé par la disparition de ce Liban heureux, de cet Orient mythique. Mais plus que l'histoire de l'effondrement d'un monde, l'auteur parle de choix de vie, une question plus universelle. "A quel moment, cesse-t-on de réagir en devenant soi-même oppresseur? En situation de guerre, la ligne est fragile: on rentre dans une logique que l'on ne maîtrise pas. Mais la question ne se pose pas que dans un pays en guerre. Il y a une ligne à adopter entre l'angélisme et le cynisme. Et si on est doté d'une conscience, on passe son temps à douter." Il n'y a pas de solution en soi, que des solutions pour soi.

Lorsqu'il pose ainsi son regard sur l'état du monde, Amin Maalouf s'avoue "optimiste inquiet". "L'écriture est mon refus et ma manière de transmettre mes idéaux et mes espérances." Le Liban, le Proche-Orient, le reste du monde... "Ma génération a le sentiment d'avoir tout raté. Aujourd'hui, les affirmations identitaires sont beaucoup plus grandes... J'avais rêvé d'une autre issue. Quand on regarde l'histoire d'un côté, elle est cohérente. Si on la regarde du côté opposé, elle l'est aussi. Il faut à un moment donné que les gens s'élèvent au dessus pour avoir une vision dans laquelle personne ne se sentirait lésé." Et de reprendre à propos une phrase qu'avait affichée un officier de la Finul au Liban: "Si vous avez tout compris, c'est qu'on vous a mal expliqué". Et ainsi va la vie.

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