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Tous debout pour Bedos !

  • Publié le 03/12/2012 à 10:25
  • Par Jennifer BRESSAN


La dernière de Bedos, à Brive comme partout ailleurs, ça commence par un tonnerre d'applaudissements et ça finit par une standing ovation! Durant une heure et demie, l'humoriste de 78 ans a tenu en haleine et en rires les 1.300 personnes qui s'étaient pressées à l'Espace des Trois provinces samedi soir pour savourer son dernier one-man-show avant rideau. 

Roulements de tambour et rideau de velours rouge. A l'invitation du Service Information Jeunesse, l'artiste est entré en piste chic et sobre, comme à son habitude. Il a profité plusieurs minutes des applaudissements d'un public acquis, puis: "Encore moi! Désolé pour ceux qui croyaient être enfin débarrassés!" Premiers rires d'une longue série d'autres.

Durant l'heure et demie qui a suivi, tout y est passé. Son âge d'abord, sa mère ensuite, la famille aussi. Même l'inceste fait rire quand c'est lui qui le croque. Et quand ça dévie scatologie ou zoophylie, le public ne peut pas faire autrement que rire encore.

Sur scène, l'humoriste de 78 ans ne s'économise pas: il va, il vient, il rentre en faisant des claquettes, il sort au petit trot, il s'assied, s'allonge aussi. Avec lui, c'est permis, il se justifie: "Je préfère m'allonger sur scène que sur un divan de psy... Rien qu'au niveau de l'hygiène!" Les formules font mouche et le public frétille quand il annonce la revue de presse...

Le passage attendu, l'incontournable, là où Bedos se régale, là où le public se marre: "Sarkozy me manque", commence-t-il. "Il était parfait, il n'y avait qu'à recopier!" Pas de jaloux, ça fuse aussi à gauche: "Hollande, lui, il fait une politique de tulle: on voit les choses au travers." Rires dans la salle. "Je vous remercie, car celle-là, je viens de l'inventer!" Et de tirer sur tout ce qui bouge: Merkel "qui nous parle comme à des Grecs", Nadine Morano, Marine Le Pen, Julie Lescaut, Mitt Romney et Manuel Valls: "Je sens que celui-là, il ne va pas me décevoir!" Puis: "Quand ça ressemble à la droite, c'est la droite." Rires gênés dans la salle. Bedos ne se démonte pas: "Ou c'est tout le monde ou c'est personne mais là, ça retarde tout le monde et ça n'avance pas!" Rires francs cette fois!

L'humoriste qui a repris certains de ses sketches, sert aussi du tout chaud et tape dans des dossiers plus récents, comme le duel Copé-Fillon, du pain presque trop béni pour lui, ou Arcelor-Mittal, tout en se dédouannant: "Je n'ai rien contre les Indiens. La preuve, dans les westerns, je suis de leur côté!" Charlie-Hebdo en prend aussi. "J'engueule tout le monde moi." Puis se réfrénant: "Economisons un peu notre mépris eu égard au nombre de nécessiteux."

Le public est debout et entame, à la demande de l'artiste, un joli Ce n'est qu'un au revoir. Plusieurs fois, Guy Bedos reviendra sur scène profiter des applaudissements d'un public qui ne semble pas vouloir le laisser filer. C'est heureux, il n'a pas l'air pressé de partir non plus. "Défendez-vous", lance-t-il à son public avant d'entamer son antienne La Vie est une comédie italienne. "Tu ris, tu pleures. Tu pleures, tu ris. Tu vis, tu meurs. Tu meurs, tu vis..." Et le tout a comme un goût de reviens-y !