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Parcelles de terre

  • Publié le 31/05/2013 à 09:31
  • Par Marie Christine MALSOUTE


Ces "Parcelles de terre", titre de l'exposition qui débute demain 1er juin jusqu'au 22 du mois à L'Appart en face de la mairie, ce sont ces jardins ouvriers ou familiaux, situés au Prieur ou cultivés par les cheminots. A travers une soixantaine de clichés en noir et blanc, le photographe Sylvain Marchou apporte son regard sur ces lopins de labeur comme d'évasion, sur ces hommes, en majorité, qui les façonnent à leur envie, en ont fait aussi leur coin de repli. "Ils en sont les créateurs, pour ma part je ne fait que passer et je les ai photographiés parce que je ne sais rien faire d'autre au jardin", témoigne l'artiste.



Parler des jardins en noir et blanc peut interpeller... "Je ne voulais surtout pas que le regard soit capté par le végétal, la couleur d'un détail, mais qu'il se focalise sur l'essentiel: l'expression", explique Sylvain Marchou. Il y a là une soixantaine de photos de jardins ou de ceux qui les travaillent, les habitent presque. Des portraits, des postures, des cabanes, des outils qui invitent à la promenade dans un autre univers: celui des jardins ouvriers ou familiaux, des parcelles d'humanité, des parcelles d'intimité. "Ce sont des lieux apaisants, en pleine ville, mais pourtant un autre monde: un ailleurs, pas loin." Difficile de dire aussi sans le savoir si ces clichés sont du passé ou d'aujourd'hui...

Les photos ont été prises au Rolleiflex, cet appareil emblématique d'une autre époque et qu'affectionne particulièrement l'artiste. Pour prendre une photo, il faut se pencher sur l'appareil en cadrant par en dessus: "Ça oblige à une attitude humbleOn ne vises pas, on n’est pas chasseur comme avec les autres appareils et il n’y a pas la même rapidité. Ça change la relation." D'autant qu'il n'y a que douze photos sur la pellicule... on est loin du numérique. "Impossible de mitrailler. Il faut attendre la photo, saisir l'instant, le mémoriser et guetter à nouveau le geste. Parfois je revenais avec une seule prise... Et je n'étais pas sûr du résultat avant de développer." Un autre rapport au temps, un autre rapport aux gens.

Sylvain Marchou a commencé cette série sur les jardins en 2007. Tout a démarré avec les parcelles du Prieur, derrière chez Allard, coincées entre l'avenue et la Corrèze. "C'est un lieu étrange, avec des cabanes de fortune, des planches délavées, des bidons... c'est ce côté "foutraque", anarchique, de récupération, qui m'a immédiatement séduit. J'en suis tombé amoureux et j'ai voulu rentrer dans cet univers." Commence alors un patient travail d'approche, de présentation, d'explication, de recommencement... un peu comme le travail de la terre finalement. Il y a au aussi cette rencontre fortuite un matin d'avril avec Gilbert qui lui a ouvert les portes des jardins plus cachés de la SNCF et leur galerie de personnages, Henri, René, Guy... En 2011, les Treize arches ont été à leur tour séduits par ce travail en cours dont quelques photographies avaient été exposées au château de Hautefort. "C'était en lien avec notre démarche sur la terre, la nature, notamment la terre nourricière. Nous lisons tout le sensible et la retenue du photographe et son traitement noir et blanc apporte un côté intemporel", argumente Hélène Labat des Treize arches. D'où l'initiative de cette exposition. Et c'est un juste retour si la photo qu'a choisi le graphiste pour l'affiche de l'exposition met en valeur ce personnage tenant une bêche. "C'est Carlos, le premier qui m'a ouvert la porte de sa parcelle, le premier contact. Et surtout le seul qui a remercié que je m'intéresse aux jardiniers."

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Parcelles de terre, du 1er au 22 juin à la galerie L'Appart à Brive. Ouvert mardi et mercredi de 10h à 12h et de 14h à 19h, jeudi jusqu'à 20h et non stop les vendredi et samedi. Entrée libre et gratuite. Infos au 05.55.24.11.13 et sur lestreizeraches.com rubrique Art, science et nature.